Le village de Woro, dans l’État de Kwara au centre-ouest du Nigeria, a été la cible d’une attaque sanglante menée par des hommes armés, faisant au moins 162 victimes, selon la Croix-Rouge nigériane. Le bilan reste provisoire alors que les recherches pour retrouver d’autres corps se poursuivent.
Selon des témoins et des responsables locaux, les assaillants ont incendié des commerces et le palais royal du village. Le roi de Woro est actuellement porté disparu.
Le président nigérian Bola Tinubu a condamné cet acte qualifié de « lâche et bestial » et a ordonné le déploiement d’un bataillon de l’armée dans la région. Il a salué le courage des habitants, majoritairement musulmans, qui ont refusé de céder à une idéologie violente. De son côté, le gouverneur de l’État, AbdulRahman AbdulRazaq, a évoqué un bilan de 75 morts, estimant que cette attaque reflète la frustration des groupes terroristes face aux succès des opérations antiterroristes.
L’État de Kwara est confronté à une insécurité persistante, entre bandits armés, kidnappings, pillages et une menace jihadiste en expansion depuis le nord-ouest du pays. Les autorités locales avaient déjà instauré couvre-feux et fermetures d’écoles, avant de rouvrir les établissements le 2 février.
Cette attaque s’inscrit dans un contexte plus large d’insécurité au Nigeria, où la violence des groupes armés dans les États de Kwara, Kebbi et Zamfara avait conduit à la déclaration de l’état d’urgence sécuritaire en novembre dernier.
