La chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu sa décision ce lundi 13 juillet 2026 dans le dossier impliquant Me Magloire Yansunnu. L’avocat, âgé de 78 ans, a été déclaré coupable d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux. Il a écopé d’une peine de sept ans d’emprisonnement ferme ainsi que d’une amende de 28 millions de FCFA.
Le verdict, attendu depuis le report du délibéré initialement fixé au 15 juin, met un terme à une procédure suivie de près au sein du barreau. En plus des sanctions pénales, la juridiction a ordonné le versement de trois millions de FCFA à l’une des parties civiles à titre de réparation. Le condamné dispose de quinze jours pour exercer un recours contre cette décision.
La peine prononcée dépasse largement les réquisitions du ministère public. Lors de l’audience du 4 mai 2026, le premier substitut du procureur spécial avait demandé une condamnation de deux ans de prison, dont trois mois fermes, tout en sollicitant la prise en compte du paiement préalable de six millions de FCFA effectué au profit de la principale victime.
Selon l’accusation, Me Yansunnu aurait perçu des sommes revenant à ses clients à la suite de procédures judiciaires favorables sans les en informer. Le parquet lui reprochait également d’avoir utilisé son compte bancaire personnel pour recevoir ces fonds, une pratique contraire aux règles encadrant l’exercice de la profession d’avocat. Cet élément a notamment servi de fondement à la qualification de blanchiment de capitaux retenue par la juridiction.
L’affaire trouve son origine dans les plaintes déposées par deux anciens clients impliqués dans des litiges liés à leur emploi. Le premier contestait le non-paiement d’un reliquat d’environ 500 000 FCFA sur une indemnisation totale de 1 894 000 FCFA, tandis que la défense faisait valoir des honoraires équivalant à 20 % des sommes obtenues.
Dans le second dossier, un producteur agricole affirmait que plus de 18 millions de FCFA versés par l’entreprise Colas avaient été encaissés sans qu’il en soit informé. Représenté par son fils, il réclamait le versement d’environ 10 millions de FCFA qu’il estimait encore lui être dus.
Tout au long de la procédure, Me Magloire Yansunnu a rejeté les accusations portées contre lui et plaidé son innocence. Ses avocats, parmi lesquels figurait Me Elvis Didè, avaient demandé sa relaxe. La CRIET a toutefois retenu sa responsabilité pénale et prononcé la condamnation rendue publique ce 13 juillet 2026.
