7Le Tribunal de première instance de première classe d’Abomey-Calavi a rendu son verdict ce jour dans une affaire tragique de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort d’une dame âgée d’environ 80 ans.
Selon les faits présentés à la barre, la victime aurait été violemment prise à partie par la foule dont les nommés, G. P. et G. I., frère et sœur, qui la soupçonnaient d’être une sorcière. Les événements remontent à une nuit du mois de mars dernier. Les deux mis en cause, rentrant à leur domicile, auraient découvert la vieille dame nue devant leur concession. Interprétant cette situation comme un acte de sorcellerie, ils ont alerté le voisinage.
À l’arrivée des riverains, la situation aurait rapidement dégénéré. La victime aurait été rouée de coups par plusieurs personnes, dont les deux prévenus, jusqu’à succomber à ses blessures.
Alertée, la police s’est rendue sur les lieux et a procédé à l’interpellation de G. P. et G. I. Les deux suspects ont été placés en garde à vue au commissariat d’Akassato, avant d’être présentés au procureur puis placés sous mandat de dépôt.
À l’audience de ce jour, les accusés ont comparu devant le tribunal et ont donné leur version des faits. Le ministère public, au regard de la gravité des actes, a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle contre les deux prévenus.
De son côté, la défense a plaidé l’acquittement au bénéfice du doute pour chacun des accusés.
Après en avoir délibéré, le tribunal a suivi partiellement les réquisitions du parquet. G. P. a été reconnu coupable et condamné à 7 ans de prison ferme. En revanche, G. I. a été acquittée au bénéfice du doute.
Ce drame rappelle avec force les conséquences tragiques des accusations liées à la sorcellerie, souvent fondées sur la peur, les croyances et l’émotion. Il met en lumière la nécessité de privilégier le recours à la justice et de rejeter toute forme de violence populaire, afin d’éviter que de simples soupçons ne se transforment en drames irréversibles.
