En Guinée, l’inquiétude grandit au sein de la population face à la multiplication des cas de kidnapping enregistrés ces dernières semaines. Alors que le président de la transition, Mamadi Doumbouya, est attendu à Conakry ce vendredi après près de trois semaines d’absence, à la suite de sa participation au sommet de l’Union africaine, plusieurs familles restent toujours sans nouvelles de leurs proches. À ce jour, près d’une vingtaine de personnes sont portées disparues.
Le dernier enlèvement en date concerne la mère et la sœur d’un ancien ministre guinéen actuellement en exil. Selon plusieurs sources, les deux femmes ont été enlevées mardi soir à leur domicile par des hommes cagoulés, vêtus d’uniformes militaires. Une enquête a été ouverte pour « enlèvements, séquestration de personnes et association de malfaiteurs » afin de faire la lumière sur cette affaire.
Ces actes suscitent une vive inquiétude dans le pays, d’autant que les rapts semblent désormais viser les membres de familles d’opposants ou de militants vivant à l’étranger. Pour de nombreux observateurs, cette évolution traduirait une stratégie de pression indirecte sur les figures critiques du pouvoir qui ont quitté le pays.
Parmi ces voix figure Abdoul Sacko, coordinateur national du Forum des forces sociales de Guinée. Celui-ci affirme avoir été victime d’un enlèvement l’an dernier avant d’être abandonné trois jours plus tard. Aujourd’hui en exil, il continue d’alerter sur la situation sécuritaire et les atteintes aux droits humains dans le pays.
