Le projet de loi de finances rectificative 2026 marque une évolution majeure de la politique fiscale béninoise. Loin d’un simple ajustement comptable, le texte introduit un ensemble de mesures destinées à élargir l’assiette de l’impôt sans augmenter les taux existants. L’administration fiscale cible désormais davantage les flux économiques numériques, les transactions transfrontalières et les mécanismes d’optimisation encore utilisés par certaines entreprises. L’objectif affiché est de renforcer les recettes publiques en captant des revenus jusque-là peu ou pas fiscalisés.
Mobile Money et économie numérique dans le viseur du fisc
Parmi les mesures phares, l’intégration élargie des services numériques dans le champ de taxation retient particulièrement l’attention. Les opérations liées au Mobile Money sont désormais davantage encadrées, avec une contribution prélevée via les opérateurs sur les services, y compris certaines offres gratuites ou promotionnelles. Dans le même esprit, la TVA et les obligations fiscales sont renforcées pour les plateformes numériques opérant sur le territoire, confirmant une volonté de mieux réguler l’économie digitale en forte croissance au Bénin.
Le texte introduit également une réforme importante concernant l’économie de la location en ligne. Les plateformes de type Airbnb et autres services de réservation deviennent directement responsables de la collecte et du reversement des retenues fiscales sur les revenus générés au Bénin. Cette évolution vise à combler les failles du système actuel, où une partie des revenus échappait au contrôle de l’administration fiscale. Par ailleurs, les plus-values réalisées par des investisseurs non-résidents sur des titres liés à des entreprises béninoises deviennent imposables, renforçant la souveraineté fiscale du pays.
Lutte contre l’optimisation fiscale et modernisation des contrôles
Le PLFR 2026 s’attaque aussi aux stratégies d’optimisation fiscale des entreprises, notamment les bénéfices conservés dans les réserves. Désormais, les profits non réinvestis dans un délai de trois ans pourront être assimilés à des dividendes imposables. En parallèle, les procédures de contrôle fiscal sont accélérées et entièrement digitalisées, avec des délais réduits pour les vérifications et les réponses des contribuables. Cette modernisation vise à rendre le système fiscal plus efficace, plus rapide et mieux adapté aux réalités économiques actuelles.
